Mon enfant est déprimé

Mon enfant est déprimé
Mon enfant est déprimé

Sommaire

  • 1. Déprimer, même quand on est petit
  • 2. Pourquoi les enfants dépriment si jeunes ?
  • 3. Pour un avenir sans dépression
  • 4. Aider son enfant à en parler

Déprimer, même quand on est petit

Mal connu chez l’enfant, le syndrome dépressif peut être une réponse à un comportement qui change de façon brutale, avec des signes de tristesse au quotidien. Pourquoi les enfants sont-ils touchés par la dépression ?

Il change !
Difficile de savoir pourquoi nos petits changent d’attitude d’un coup. Du super actif au super abattu, l’enfant n’a pas encore un tempérament très stable avant ses 6 ans.

Actuellement, la dépression chez l’enfant concerne environ 2% d’entre d’eux, selon le psychothérapeute Luis Véra.

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), deux enfants sur cent vont déprimer à un moment donné.
Chez les adolescents, le chiffre atteint six sur cent d'entre eux.
Les garçons sont plus touchés pendant l’enfance alors que les filles le sont plus, au moment de l’adolescence.

Troubles dépressifs chez l’enfant :

- La tristesse dépressive : intense, en continu, rarement exprimée verbalement, douleur morale, masque facial triste
- Inhibition gestuelle et verbale : attitude de retrait, de lassitude, pauvreté d’expression, apparente indifférence
- Inhibition intellectuelle : processus de la pensée ralenti, chute des résultats scolaires, troubles de l’attention et de la concentration, difficultés globales dans les apprentissages, jusqu’à l’échec scolaire franc
- Troubles du comportement : des attitudes d’agitation extrême, instabilité, manifestations agressives, clowneries ou provocations d’où des difficultés dans l’insertion sociales des enfants
- Propension aux accidents et aux blessures : plus souvent victimes d’accidents ou de blessures inexpliquées, recherche des situations dangereuses
- Difficultés à jouer : désinvestissement des activités qui sont sources de plaisir
- Troubles somatiques : plaintes corporelles avec difficultés de l’endormissement, réveils nocturnes, anorexie ou accès de boulimie, voire incontinence anale

C’est peut être une dépression !
« Je n’ai pas envie.. », « Je suis nul..», « J’y arriverai pas ! »…
Ce sont ce genre de petites phrases que votre petit ressasse depuis quelques semaines, dès qu’il s’agit d’entreprendre une nouvelle activité. Il se déprécie devant vous et vous n’y comprenez plus rien.

Alors que certains parents se disent qu’il a le droit de changer et de ne plus vouloir pratiquer certains loisirs comme avant, il faut toujours se demander si cela ne cache pas quelque chose de plus profond.
 Longtemps considérée comme un trouble secondaire, la dépression des petits enfants est souvent une souffrance mal connue de l’entourage familial.

Pourquoi les enfants dépriment si jeunes ?

On imagine mal les enfants avec un coup de déprime. Pourtant, l’enfance n’est pas toujours une partie de plaisir, certains ne connaîtront jamais de troubles dépressifs importants, alors que d’autres sont nés dans des structures familiales propices à la dépression.

Tout change !
Parce que l’enfant ne peut verbaliser ouvertement et directement à ces parents ces états d’âme, de petits changements s’installent dans la vie de tous les jours : de plaintes physiologiques chroniques aux résultats scolaires qui chutent brutalement, l’entourage peut passer à côté d’une dépression infantile.
Les parents se posent souvent les bonnes questions face à leur petit qui changent Ils sont en première ligne avec leur enfant pour déceler des signes de tristesse ou un certain retrait d’un seul coup. Et ils doivent se poser des questions face à leur petit qui change, par exemple face à des situations classiques de perte d’un familier ou lors d’une séparation brutale avec l’un des parents.
Pourquoi?
A-t-il des soucis passagers avec ses copains à l’école ? Est-ce la perte d’un proche qui le touche en ce moment ? Est-ce une vraie dépression, qui s’est installée depuis les derniers mois et personne n’a rien vu ?

Comme le rappelle Luis Véra, psychothérapeute «... ce ne sont pas les séparations ou les pertes qui sont sources de dépression, mais l’impossibilité, à l’occasion de celles-ci, d’effectuer un véritable processus de deuil et de détachement.. ».

De toute façon, soyez vigilants, certains signes ne trompent pas

- une tristesse permanente, qui ne passe pas, et qui n’est pas motivée par un incident précis et grave;
- un retour sur lui-même ;
- une anxiété soudaine à la séparation et à l’école
- une agitation à la maison, il devient insolent et irritable brusquement ; 
- des difficultés scolaires

Si vous notez un changement de comportement de votre enfant, consignez-les par écrit, elles pourront vous servir si vous consultez un thérapeute par la suite.

Aider son enfant à en parler
Il existe une différence entre des symptômes dépressifs « normaux » et passagers et une vraie dépression franche. Lors d’un deuil ou la perte d’un proche, les situations où les « réactions dépressives normales » sont saines permettent à l’enfant de montrer qu’il a intégré l’importance du fait majeur. Et il réagit en déprimant ! C’est normal !

Autres trucs qui fonctionnent bien : aider son enfant à transformer une pensée négative ou pessimiste en pensée positive. S’il est invité à un anniversaire où il connaît peu de copains, insister sur le côté intéressant de faire connaissance avec d’autres copains que les habitués.

De même dans le quotidien, les parents peuvent évidemment renforcer des comportements positifs : on parle des émotions de la journée et on met des mots sur ce qui a été ressenti, en positif comme en négatif. « Le plombier n’est toujours pas là, cela me met en colère ! .. », peut dire la mère devant son enfant.
C’est un jeu simple où chaque pensée est associée à une émotion qui est nommée.

Comme nous l’explique Céline, la maman d’un petit garçon de 2 ans et demi aujourd’hui, le moment de la séparation d’avec le père a été difficile, avec des moments  où « ... les signes ont été qu'il attendait son père derrière la porte d'entrée en se cognant la tête parterre ou sur la porte avec des hurlements. Les premières colères ont duré presqu'une heure. Je savais qu'il n'était pas bien mais je n’avais pas trop de solution à ce moment là (c'était en juillet 2006, il avait 1 an et demi). ... Des mots non puisqu'il ne parlait pas encore mais beaucoup de pleurs, de cris, et de crises de nerfs.».

Pour un avenir sans dépression

Il se peut que l’enfant traverse un moment difficile, une période de doute ou un découragement lié à une mauvaise image de lui-même. Et soudain, il redevient gentil, drôle, à l’aise avec ses amis et à la maison, souriant. Et puis, catastrophe, il redevient sombre.

Consulter, c’est miser sur l’avenir !
Les parents n’arrivent pas à comprendre ses troubles de l’humeur et se posent des questions pour la suite.
Faut-il consulter ? Doit-il prendre des médicaments pour l’aider ?

Il se peut que l’enfant ayant eu des troubles dépressifs à un moment ne développe pas forcément la dépression, en tant que maladie.

De toute façon, si on soupçonne un épisode dépressif chez son enfant, le plus simple est de consulter un spécialiste pour mettre en place une aide adaptée. La souffrance est souvent majeure et l’adolescence n’est pas loin.
On connaît aussi les ravages que peuvent faire des dépressions non traitées ou repérées dans la vie des jeunes enfants au moment de l’adolescence.

Céline, maman du petit garçon de 2 ans et demi, a vite consulté un spécialiste, un ostéopathe : « ... ses "crises" ont duré 2/3 mois. La solution je l'ai eu au mois de décembre quand je suis allée chez l'ostéopathe (qui le suit depuis sa naissance) qui m'a dit qu'il était encore très en colère, même si ça ne se voit pas (je pensais qu'il avait bien compris, et que c'était passé). Elle m'a donc appris à canaliser sa colère et à gérer..  Elle m'a expliqué qu'il avait besoin d'être rassuré pendant ses colères et que ce serait un travail sur du long terme... ».

Aider son enfant à en parler

Trouver les bons mots au bon moment, pas toujours facile d'aborder les soucis de ses propres enfants.. Souvent les parents hésitent avant de consulter un spécialiste alors que parfois une séance suffit !

Qui soigne ? 
D’autres spécialistes sont formés et soutiennent les parents dans la prise en charge des troubles psychologiques de leurs enfants :

La psychothérapie analytique : recherche par le thérapeute de la signification des conduites dépressives ; l’enfant est aidé à élaborer la souffrance sous-jacente. La place des parents est fonction de la méthode mise en place par le psychanalyste.
Les thérapies comportementales et cognitives : approche thérapeutique des comportements pathologiques, qui sont traités selon leur intensité, fréquence et modalités d’apparition. Elles influent sur les défauts d’apprentissage de l’enfant. L’accent est mis sur le lien pensée-émotion.
La thérapie familiale : l’objectif thérapeutique est le changement dans le système de communication de la famille. Ce sont les réactions familiales qui sont traitées dans leur ensemble. La finalité est d’améliorer le fonctionnement de la famille et de la rendre efficace dans la résolution des problèmes. La place des parents et des membres de la famille (frères ou sœurs) est primordiale.

Une prescription médicale peut être proposée par certains médecins, seulement si l’enfant présente des troubles sévères et durables de dépression.
Il faut avoir testé les autres formes de prises en charge avant d’en arriver là. Et seul un vrai professionnel, comme le pédopsychiatre sera amène de prescrire un traitement d’antidépresseurs pour l’enfant.

Au final, la dépression chez l’enfant est souvent une affaire de famille et concerne donc toute la famille.
Elle doit être prise au sérieux et peut être un indicateur fort des futurs troubles typiques de l’adolescence. L’enfant qui déprime transmet un message sur son état d’esprit à un moment précis et demande ainsi de l’aide pour l’avenir.

Plus on prend en charge tôt dans sa jeune vie les symptômes dépressifs, plus on a de chance de voir reculer d’autres formes plus inquiétantes : prises de risque, troubles alimentaires et les tentatives de suicide qui sont chez le jeune adulte, en constante augmentation chaque année.

Pour vous aider à mieux comprendre et savoir comment réagir lors d’un épisode dépressif chez votre enfant :

Une association qui explique aux enfants et aux familles comment on parle ensemble de la santé et des soucis du quotidien:

Source:infobebes

Article publiée le : 11-02-2015, Lue 3877 fois.


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