Troubles bipolaires : conseils à l'entourage

Troubles bipolaires : conseils à l'entourage
Troubles bipolaires : conseils à l'entourage

Face à l'intensité de la souffrance morale d'une phase dépressive, l'entourage est démuni, impuissant et culpabilise par cette impossibilité d'aider l'autre, même s'il doit pourtant veiller à ne pas « craquer ». Pendant les phases maniaques, en revanche, l'autre n'arrive plus à suivre, il ne comprend plus, il est considéré comme un « boulet à traîner », un empêcheur de bien vivre. L'entourage va également devoir assumer les conséquences financières et judiciaires des comportements du malade. Pour éviter d'en arriver là, voici quelques conseils utile pour « apprendre à vivre avec ».

  • Accepter la maladie
  • Distinguer les signes de la maladie et les traits de caractère
  • Conseiller la visite chez le médecin
  • Avoir " une main de fer dans un gant de velours "
  • Profiter des intervalles libres pour fixer les " règles du jeu "

Accepter la maladie

Si un spécialiste a posé le diagnostic de troubles bipolaires, il peut être difficile pour le patient de l'annoncer à ses proches, surtout lorsque ceux-ci ont habituellement une attitude de méfiance vis-à-vis de la psychiatrie et qu'ils assimilent maladie psychiatrique et folie. Tout comme les malades, il faut que l'entourage accepte le diagnostic de maladie psychiatrique chronique et faire table rase des éventuels préjugés en ce domaine.

Distinguer les signes de la maladie et les traits de caractère

Au début, les variations d'humeur désorientent totalement les proches qui, souvent, n'y voient pas les symptômes d'une maladie récurrente mais seulement des accès dépressifs, dus à des événements de la vie quotidienne, entrecoupés de phases d'énergie excessive qui donnent lieu à un débordement d'activités (phases hypomaniaques ou maniaques).

Si l'entourage doit apprendre à repérer les différentes crises manifestes, il doit également apprendre à "décoder" certains symptômes sans les confondre avec un trait de caractère, à respecter la personnalité, les opinions, les variations d'humeur quotidiennes normales et indépendantes de la maladie qui nous affectent tous. Il doit comprendre et admettre qu'il peut y avoir des mauvais jours sans que l'on puisse parler pour autant de dépression et de bons jours sans que l'on puisse parler de rechute maniaque. Il ne doit pas se montrer trop vigilant et inquiet ou au contraire indifférent.

Le pire serait d'être en permanence "sur le dos" du patient pour le surprotéger, le tyranniser pour qu'il prenne bien ses médicaments et considérer que son moindre comportement est maladif. Déresponsabiliser le patient peut l'empêcher d'évoluer et rendre ses troubles chroniques. Il est préférable de faire des choses avec lui que pour lui. L'attention doit être continuelle, discrète, mais non pesante et le malade doit se sentir libre mais entouré.

Conseiller la visite chez le médecin

Au début d'une phase maniaque, lorsque la communication est encore possible, l'entourage doit conseiller au patient de prendre rendez-vous avec son psychiatre. Le malade en phase maniaque n'a aucunement le sentiment d'être « malade » car la sensation de bien être domine et il est très délicat, à ce stade, d'essayer de faire comprendre au malade que son comportement devient excessif : tous les propos en ce sens seront le plus souvent perçus comme « rabat-joie ».

Avec le temps et l'expérience, l'entourage doit également apprendre à reconnaître les signes précurseurs d'une récidive, c'est-à-dire tous les petits signes avant-coureurs ou annonciateurs de l'amorce d'une nouvelle phase.

Avoir " une main de fer dans un gant de velours "

La patience doit être à la base de tout comportement : dans une heure, un jour, un mois, cette phase régressera. En attendant, il faut considérer que l'on est face à un malade qui ne peut plus maîtriser rationnellement son comportement et non pas un être proche qui devient agressif et commet des actes préjudiciables.

Lorsqu'une personne est en phase maniaque, l'entourage doit prendre du recul et "laisser glisser" tous les propos blessants. Quelquefois, le mieux est de s'effacer ou de s'éloigner car la "non-réaction", la neutralité, peuvent accroître les réactions du patient. Toutefois, il est préférable de garder un oeil sur les agissements du malade afin d'éviter des conséquences préjudiciables. La présence de tierces personnes, moins proches affectivement, pourra parfois modérer les agissements et convaincre le patient de consulter son médecin ou de prendre ses médicaments.

Lorsque le patient est obsédé par des idées de mort, l'entourage doit être particulièrement vigilant. Notamment, si le malade tente de mettre fin à ses jours, l'entourage ne doit pas attendre pour faire appel à des tierces personnes compétentes : médecins, psychiatres, SAMU. Dans ces conditions, l'hospitalisation est à envisager, même sans le consentement du malade. Le conjoint ou l'entourage proche ne pouvant pas prendre seul cette décision, il doit en référer au médecin (ou appeler le Centre 15 le cas échéant). Il faudra, avec l'aide du médecin, négocier patiemment une hospitalisation volontaire de la part du malade. Si le refus est inébranlable, il faudra alors procéder à une hospitalisation sur demande d'un tiers (HDT) : ce sera le seul moyen de sauver la vie du patient.

Profiter des intervalles libres pour fixer les " règles du jeu "

Les intervalles libres sont allongés grâce aux traitements et les rechutes de plus en plus rares. Ces intervalles libres sont le moment idéal pour parler avec sérénité de la maladie avec le patient et définir l'attitude la plus adaptée à adopter lors des différentes phases. Parmi ces attitudes, la première à adopter est de conseiller au patient de reprendre contact avec son médecin.

Source:e-sante

 
Article publiée le : 12-01-2015, Lue 1639 fois.


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